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Pourquoi est-il nécessaire d’exprimer ses émotions?

Pourquoi est-il nécessaire d’exprimer ses émotions?

 

1. Que sont les émotions?

La vie nous confronte à des personnes et situations qui nous font éprouver des émotions et testent notre personnalité, nos valeurs et idéaux. A ce titre, les émotions sont indicatrices de notre état intérieur.
Étymologiquement, le terme « émotion » signifie mouvement extérieur suite à un trouble. Une émotion c’est donc une réaction extérieure suite à un choc intérieur. Comme dans l’expression « sortir de ses gonds », l’émotion est le catalyseur d’un symptôme interne.
Quand vivons-nous des émotions et que signifient-elles?
Comment les gérer pour réaliser ses rêves et devenir une meilleure version de soi?

2. Ressentir une émotion désagréable face à une situation

Une situation qui nous fait éprouver joie, tristesse, colère, dégoût, toute situation qui nous touche met en évidence une zone de tension intérieure.
Nos sens nous permettent de percevoir le monde qui nous entoure. Cependant nous avons des filtres qui sélectionnent ce sur quoi notre attention va se concentrer.
Par exemple, nous avons des yeux, pourtant nous ne regardons qu’un ensemble très restreint d’objets que notre attention sélectionne. Nous pouvons passer sans voir. C’est pour cela que lorsque nous regardons quelque chose, cela a de l’importance pour nous, car sur toutes les options possibles, nous avons choisi un certain élément à regarder. Ce choix conscient ou non signifie quelque chose d’important pour nous.

Par exemple, alors que 10 personnes nous complimentent, nous allons retenir la personne qui nous a négativement critiqué. Pourquoi cela? Une mauvaise estime de soi est à l’origine de la sélection et nous a rendu sensible à la critique.

Comment maîtriser ce processus?
En devenant conscient que l’attention n’a rien d’objectif, nous remarquons les caractéristiques de nos choix. Ainsi, nous pouvons mettre en évidence nos défis et les traiter.

3. Ressentir une émotion désagréable face à une personne

Soyons conscients que toute rencontre agit comme un miroir. Ceci pour 2 raisons:

  • Nous remarquons chez l’autre ce que nous détestons en nous. Comme un radar, nous avons le chic pour mettre en évidence le petit détail que personne n’aura vu: la manière dont l’autre se tient, interagit, ses jeux de pouvoir. Prêtez attention à ce que vous remarquez chez l’autre. Au plus l’émotion qui s’en dégage est forte, au plus vous avez quelque chose à travailler en vous.
    Par exemple, si vous vous sentez maladroit, vous allez remarquer et peut-être même vous moquer de celui qui trébuche alors qu’une autre personne ira l’aider et encore une autre le trouvera charmant. Nous ne sommes pas malveillants par nature, nous avons des failles. C’est pour cela qu’en considérant l’autre pour ce qu’il est – un miroir – nous nous évitons de perdre du temps à lui reprocher son comportement, alors que ce qui importe c’est de guérir cette même chose en nous. En général, après avoir fait ce travail personnel, nous ne critiquons plus du tout l’autre, au contraire, nous avons envie de l’aider.
  • Nous aimons en l’autre ce que nous voulons être ou croyons vouloir être.
    Vous vous souvenez de votre flirt à la plage avec ce gars qui dormait sur son hamac et jouait de la guitare? Vous avez trouvé son mode de vue génial et avez craqué pour lui. Mais ce rêve que vous croyiez avoir, a finit par vous ennuyer au bout de la première semaine. Vous avez eu envie d’autre chose que de plage et de guitare, la vie est plus large que cela pour vous alors que lui se sentait bien dans cet élément-là. Ce que vous avez appris: une partie de vous aime la bohème et la plage mais vous ne pouvez pas vivre ainsi toute l’année.
    Il ne sert à rien de reprocher au joueur de guitare quoi que ce soit, il vous a permis de comprendre cet aspect-là de votre personnalité.

Remarquez les personnes que vous admirez et réfléchissez à la raison pour laquelle vous les admirez. Il se peut que cette observation révèle une ou plusieurs passions enfouies chez vous.

Les émotions que nous éprouvons sont des indices de qui nous sommes et ce que nous voulons accomplir dans la vie. Devenons détectives!

4. Que se passe-t-il lorsque nous réprimons nos émotions?

Lorsque nous n’exprimons pas ou n’investiguons pas nos émotions, elles resurgissent un jour ou l’autre.
Soit de manière diffuse par le biais d’aigreur, rancœur ou jugement. Ce sont tous des émotions non-traitées qui ont macérées et sont devenues toxiques. Peu ragoutant, n’est-ce pas?

Soit à la manière de crises, comme une cocotte minute qui siffle tout à coup. C’est ainsi que:

  • La colère non exprimée devient de la rage
  • L’envie non exprimée devient de la jalousie
  • La peur non exprimée devient de la panique
    Lorsque nous vivons dans la peur de quelque chose, elle se consolide en nous puis devient petit à petit énorme et paralysante. A un moment de ma vie j’ai eu un accident en voiture. Suite à cela, je n’ai pas pu conduire pendant deux ans. Il a fallu l’intervention bienveillante d’un ami qui devait d’urgence prendre l’avion et que je devais amener avec sa voiture à l’aéroport. Il n’y avait plus le choix, je devais repartir en voiture par l’autoroute.
  • L’amour non exprimée devient de la possession
  • La tristesse non exprimée devient de la dépression
    Souvent nous sommes conditionnés à garder tout pour soi. Soit avec l’argument qu’il faut « être forte ou fort », soit parce que « cela aussi passera ». Ce n’est pas parce que cela passera que nous ne devons pas l’exprimer. Peut-être même que cela passera justement parce que nous l’avons exprimé.
    Le fameux « ça va », à la question « Ça va? » est devenu si automatique que nous avons pris l’habitude d’enfouir nos ressentis. Evidemment nous n’allons pas déballer nos problèmes à toute personne qui par politesse nous a montré de l’intérêt, mais il faut être conscient qu’en refoulant la tristesse par un « ça va » et un sourire, nous mettons la poussière sous le tapis. Il y a un moment où il faudra soulever le tapis.

Les 5 émotions sont des amies, des outils d’évolution. Il faut leur donner de l’attention comme à un enfant malade. Elles demandent qu’à guérir, il faut simplement les aider, les soutenir. Mais pour cela il faut accepter qu’il y a maladie!

5. Prendre la responsabilité de ses émotions

Une émotion vive n’est jamais un signe de santé ou de sérénité. En positif comme en négatif, la sensation du cœur qui éclate ou qui déborde de larmes sont des signes que quelque chose ne fonctionne pas correctement.

Dans ces cas-là, la chose à faire c’est regarder en soi. En aucun cas, l’autre n’est responsable de nos émotions. S’il nous atteint, c’est parce que nous lui avons laissé la possibilité de le faire. Comme dans le cas d’une maladie, cela signifie que nous avions un terrain favorable, autrement, elle n’aurait pas proliféré.
Il faut donc identifier l’émotion et être le plus précis possible avec elle. Lorsque nous mettons en valeur

6. Est-ce que la catharsis est une solution?

La catharsis, c’est exprimer par procuration des sentiments, en général violents. C’est pour cela que les films d’horreur ont tant de succès, les atrocités dépassant en général de loin la capacité d’imagination du spectateur, il en ressort lavé de ses propres pulsions.
C’est peut-être aussi pour cela que nous avons besoin de regarder tant de films. Nous vivons par procuration. D’ailleurs, vous avez remarqué? L’été ou en vacances, alors que la vie s’invite à toutes les heures du jour et de la nuit dans nos chambres, en balade, avec des amis, à la plage, nous avons beaucoup moins envie de regarder l’écran, la vie est déjà si riche, pas besoin d’en rajouter!

7. Le sexe, catalyseur de notre état intérieur

Le sexe est le vecteur de nos problématiques avec nous-mêmes et de notre manière de voir la vie. La manière dont nous faisons l’amour révèle beaucoup de nos dysfonctionnements, tabous ou manque de confiance.
Une trop grande comme une trop faible activité, le fait de jouer un rôle soit en étant trop débridé alors que cela ne nous correspond pas, soit en étant trop sage alors que nos pulsions sont plus sauvages sont des rôles que nous avons appris à jouer pour nous conformer à l’image de nous que nous avons construite.

Comment savoir si ce comportement sage ou débridé nous correspond? Analysons nos émotions!
Faisons-nous l’amour naturellement, immergé dans l’instant, tout au partage de l’alchimie avec l’autre? Ou bien sommes-nous en train de réfléchir à ce que nous aimerions dire ou faire sans oser le dire ou le faire? Vous savez si vous êtes bien en vous si vous ne pensez à rien. Faire l’amour est une méditation. Si vous pensez, calculez, supposez, cela signifie probablement que vous jouez un rôle.

Au même titre que les émotions, notre observation de notre vie sexuelle nous permet de mettre à jour notre véritable nature afin de mieux nous connaitre.
Refréner ses envies sexuelles a ainsi le même effet que refouler ses émotions. Car nous courons ainsi le risque de transformer un symptôme insignifiant en monstre dévastateur.

8. Conclusion

En positif comme en négatif, les émotions sont des indications quant à notre état intérieur. Si nous souhaitons devenir une meilleure version de nous-mêmes, nous avons le devoir de les laisser s’exprimer pour pouvoir les ausculter.

Pour guérir une maladie, il faut commencer par la reconnaître.

La plupart de nos émotions proviennent de blessures d’enfance. Ce que l’enfant a enterré, nous, en tant qu’adulte sommes aptes à le déterrer et le regarder en face. Il est alors probable que ce que l’enfant a pris pour une montagne ne soit en fait qu’un petit tas. Avec notre expérience nous pouvons voir cela.
Ce que nous avons à gagner dans le processus? Un regain de confiance en soi, un capital courage pour affronter le reste de nos expériences, une meilleure maîtrise de soi, des relations apaisées avec son entourage, une meilleure qualité de vie, une sérénité intérieure.
Alors, vous commencez quand?

Article écrit par Magali Defleur, écrivain et formatrice

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