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Méditation Vipassana: retour d’expérience

Retour d’expérience sur 10 jours de retrait du monde dans un cadre verdoyant et une ambiance monastique

Je suis sortie du stage il y a 5 jours. Cette expérience a agi à différents niveaux que je mettrai du temps à analyser, je laisse donc les idées maturer. Tant de choses se pressent encore dans ma tête et que je souhaite partager, que je ferai une série d’autres articles sur des thématiques différentes comme le silence par exemple. Vous pouvez être informé des autres articles en vous abonnant à ma page Facebook.

En attendant, ce premier article vise à donner des éléments objectifs sur les conditions de déroulement d’un stage de méditation Vipassana de 10 jours au centre Dhamma Mahi.

Qu’est-ce que la méditation?

La méditation pour moi avant Vipassana, c’était une pratique ennuyeuse et abstraite. S’asseoir dans une position peu confortable pour … faire quoi finalement? Contempler? Regarder passer ses pensées comme une rivière qui coule? Tellement théorique!

J’avais essayé une ou deux fois mais mes pensées coulaient en torrent et c’était vraiment difficile de les contenir alors j’avais laissé tombé. En revanche, je méditais facilement en courant ou en faisant la vaisselle, car dans ces moments-là, mon esprit était serein, plus aussi agité que d’habitude.

A part la course et la vaisselle que je pratique très régulièrement, je n’avais aucune expérience de méditation.

Pourquoi un stage de méditation Vipassana?

Pour une raison inexpliquée, j’ai été soudainement interpellée par Vipassana. J’en avais entendu parlé à 3 reprises et brièvement dans ma vie par des personnes de nationalités, âges et sexes différents. Les témoignages concouraient: une expérience intense, une remise en question profonde.

Honnêtement, je n’ai pas de raison rationnelle particulière à fournir qui expliquerait mon inscription à ce moment-là. Je savais qu’il s’agissait d’une expérience différente et intense et les événements difficiles de ma vie ces derniers mois m’ont fait prendre conscience que j’étais prête pour quelque chose d’exigeant et qui potentiellement pouvait changer mon point de vue sur la vie et sur moi.

Je pense que chacun y va avec ses déclencheurs et motivations, rationnels ou pas. Point n’est besoin de développer ce côté-là, la vie propose certains événements lorsque c’est le moment.

Conditions de participation et préparation à un stage Vipassana

Il n’existe aucune condition à remplir ou pré-requis à valider. Chacun peut participer, le cours est gratuit, le site organise les co-voiturages, tout est prévu pour faciliter la venue des nouveaux étudiants.

Le cours se déroule de la même manière, suivant le même rythme, dans les 160 centres du monde entier. Quelle que soit votre langue, il y aura une traduction possible.

Il faut candidater 3 mois en avance pour le centre que j’avais choisi, Dhamma Mahi en Bourgogne, France. A l’ouverture des inscription à 6h du matin, j’ai rempli le formulaire de candidature. La procédure de sélection est basée sur le hasard – qui n’existe pas nous le savons bien 🙂 Si votre tour est venu, vous serez sélectionné. J’ai donc attendu sans attendre, je crois profondément à cette idée.

Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un mail de confirmation. Les dates étaient fixées du 22 mai au 2 juin.

J’ai lu les indications données dans le mail de confirmation: résidence en dortoir, lever 4h du matin, nourriture végétarienne, silence total. Je me suis donc préparée comme je le pouvais: en faisant du sport, en me levant aussi tôt que possible, en laissant tomber le verre de vin et la cigarette occasionnels. Je ne voulais pas sentir le manque de quoi que ce soit, l’expérience devait être suffisamment intense pour ne pas me rajouter des difficultés liées à l’accoutumance.

Mis à part cela, je n’ai rien lu ni écouté sur Vipassana afin de ne pas arriver avec des idées préconçues. Chacun agit comme il le souhaite, il n’y a pas besoin de savoir quoi que ce soit avant d’y aller mais l’information peut rassurer.

Arrivée et stage

Le jour de l’arrivée, à partir de 14h, les participants arrivent au centre. On m’a attribué une place en dortoir et communiqué le programme.

Dès le soir, le silence commence. Au programme, 10 heures de méditation par jour, entrecoupé de repas et temps de repos. Les activités quotidiennes comme la lessive, la toilette, la promenade, sont laissées à l’organisation individuelle.

L’espace est réduit, les contacts physiques et visuels interdits même entre femmes, les hommes et les femmes occupent des espaces séparés, sauf dans le hall de méditation où les parties dédiées aux 2 sexes se côtoient sans séparation.

Les repas végétariens permettent une digestion fluide et une pensée claire. Le centre s’adapte aux régimes sans lactose et sans gluten et fournit des snacks supplémentaires pour les femmes enceintes (il y en a quelques unes à 4, 5 et 6 mois de grossesse)
Le lieu en bordure de forêt dans laquelle une promenade est aménagée favorise l’introspection et la paix.
Les dortoirs permettent une auto-discipline en termes de bruit et activité afin de préserver la paix des autres participants.

Tout est conçu pour proposer au méditant un temps de retraite en soi sans distraction et loin de ses habitudes.

L’esprit Vipassana

Tous les cours Vipassana sont gratuits. Vipassana est une association à but non-lucratif dont le mode de financement est privé: seuls les anciens étudiants peuvent contribuer. Ainsi, ce sont eux -nous – qui financent votre prochain stage: parce qu’ils croient en cette méthode, ils vont donner une somme d’argent qui va permettre à quelqu’un d’autre d’en profiter.

Lorsque vous devenez ancien étudiant, vous pouvez participer financièrement si vous le souhaitez.
Vous pouvez également donner de votre temps (servir). Lors des stages, quantité de petites abeilles œuvrent en silence: l’équipe cuisine, l’équipe ménage, l’équipe organisation, l’équipe enseignante. Imaginez 100 personnes pendant 10 jours vivant dans un lieu parfaitement propre et maintenu: il y a de quoi faire.

J’ai été très impressionnée par la bienveillance et le dévouement de chacun des servants et des enseignants.

L’après Vipassana

Chacun vit l’expérience en fonction de qui il ou elle est et du moment de sa vie. L’investissement et le sérieux dans la technique dépendent de l’objectif que chacun s’est fixé au préalable.

L’après Vipassana dépend des mêmes facteurs. Allez-vous continuer à méditer quotidiennement ou pas, allez-vous appliquer les principes moraux qui sous-tendent la philosophie Vipassana? Le choix vous appartient.

Ce qui reste pour tous en revanche, c’est une expérience de silence et d’isolement complet pendant 9 jours (le 10 ème jour, la parole est permise, le 10 ème jour agit comme une transition avant le retour au monde réel), un repli sur soi, une parenthèse sans commune mesure durant laquelle les soucis habituels de la vie sont oubliés afin de se concentrer sur les « vrais » sujets. Le cadre permet en effet de diriger toute son attention sur son esprit et sa vie intérieure.

Que ferez-vous de ce temps qui vous est mis à disposition?

Mon expérience de 10 jours de médiation en silence

Une expérience à plusieurs niveaux.

Tout d’abord et ce qui a été le plus difficile pour moi: laisser parler mon mental comme une radio sans lui accorder de l’importance, sans m’engager dans les multiples sujets douloureux, passionnés, révoltants, agréables, etc. qu’il me proposait. J’ai aussi vu remonter à la surface nombre de personnes, souvenirs, situations, pensées, que j’ai dû traiter comme je le pouvais.
L’un des enjeux majeurs de Vipassana pour les débutants est bien d’apprendre à contrôler son esprit et ne pas « réagir. Cette bonne pratique ne fait que commencer, cet exercice ne peut être efficace que s’il est poursuivi au quotidien, confronté aux innombrables stimuli conscients et inconscients qui ravivent des schémas d’aversions ou d’avidité en moi.
Vipassana m’a fourni un outil de contrôle de mon esprit que je n’avais jamais cru possible, un outil précieux que je pourrai utiliser toute ma vie.

Ensuite, ce stage a fait la lumière sur ce qui compte réellement pour moi.
Le silence a étouffé les feux de paille et rangé au rang de non-sujets beaucoup de préoccupations qui me taraudaient auparavant.

Enfin, en termes d’expérience humaine, les noms Myrto, Amina, Nadia, Anna, Yuka, Anouka, Nor, Natacha, Karen, Cathie, resteront dans mon cœur. Moments de doute, de découragement, de tristesse, de joie, même si nous ne pouvions pas nous soutenir par des mots ou attentions, je suis sûre que nous nous envoyions toutes de bonnes ondes pour nous encourager dans les moments difficiles et nous réjouir pour l’autre dans les moments agréables.

Mille mercis aux servantes, servants, enseignants et participants d’avoir permis ce moment incroyable. Avec Metta 🙂

Gratitude au concepteur de cette technique incroyable, le Bouddha Gautama, et aux enseignants successifs qui ont maintenu la tradition, jusqu’à Goenkaji. Namasté!

 

Pour en savoir plus ou participer à un stage, rendez-vous sur le site dhamma.org
Article écrit par Magali Defleur, ancienne étudiante Vipassana

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Un commentaire sur “Méditation Vipassana: retour d’expérience

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