Eloge de la Slow life Article de Magali Defleur
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Eloge de la Slow life et vive le ménage!

Slow life

Pourquoi le confort à outrance nous coupe de nous-mêmes

 

Vive le ménage!

L’évolution de notre espèce a modifié nos conditions de vie. Ces modifications se sont appelées « Progrés » pour montrer qu’elles emmenaient l’humanité dan une direction constructive et positive.

Certes, les temps sont plus sûrs et les lieux de vie davantage confortables dans une certaine partie du monde.

N’ayant plus besoin de chasser ou cultiver pour nous nourrir, ni repriser nos chaussettes ou même marcher pour nous déplacer, nous avons eu – dans une certaine partie du monde – un luxe inédit dans l’histoire telle que nous la connaissons: le temps.

La société de consommation a donné à l’homme le temps de faire des choses qui comptent, de nous consacrer à des matières non liées à la survie mais à l’accomplissement de soi.

Que faisons-nous du temps qui nous est imparti ?

 

Eloge de la slow life: ce que le confort tue en nous un article de Magali Defleur

Cette existence compte au quotidien quantité d’actions à effectuer sur soi, dans notre lieu de vie, dans nos activités professionnelles. Nous avons le choix de les déléguer pour faire autre chose – mais quoi ? – ou bien de les assumer et les transmuter comme un alchimiste.

 

Le confort et la vie professionnelle

Dans la vie professionnelle, la multiplication des outils numériques et des professionnels spécialisés donne la possibilité de se concentrer sur le cœur de métier quitte à devenir trop spécialisé.

Est-ce que le confort consiste à se couper de la base dans un bureau et déléguer l’ensemble des tâches dites ingrates ?

Vous n’avez pas remarqué ? Les meilleurs patrons sont avenants, ouverts et agréables avec l’ensemble du personnel et des interlocuteurs en général. Ils connaissent voire choisissent chacun : de l’employé de ménage au comptable. S’ils ne photocopient pas les dossiers eux-mêmes, ils vont cependant être enclins à aider à réparer la machine à café en panne quand d’aventure ils passent par là au moment du problème.

Ce faisant, ils s’intéressent au sort de chacun et aux petits tracas de la vie courante. En général, de tels patrons sont respectés, sinon aimés des employés qui à leur tour sont capables de s’ouvrir pour partager leurs difficultés ou idées car la confiance est créée.

C’est ainsi que l’attention sincère devient source d’enrichissement pour tous et qu’une équipe se créé.

Le confort dans nos maisons

Lorsque je vivais en Indonésie, j’ai habité en colocation avec deux hommes. Nous avions dans cette grande maison une femme de ménage car dans ce pays, ne pas employer du personnel local est une insulte à tout le voisinage. Une fois par an, durant Ramadan, la femme de ménage rentrait dans sa famille pendant une semaine. Un jour, dans cette période, je rentre à la maison avec la surprise de voir les deux garçons regarder la machine à laver de manière suspecte. Les deux garçons ayant été choyés (…) par leur maman toute leur vie, ils décidèrent d’attendre le retour de la femme de ménage pour laver le linge !

Eloge de la slow life: ce que le confort tue en nous un article de Magali DefleurEst-ce que le confort consiste à sortir de nos véhicules climatisés pour entrer dans un lieu de vie également climatisé et nettoyé par un tiers, meublé d’électroménagers automatiques avec des plantes artificielles ?

Je suis certaine que vous êtes déjà entré dans un lieu comme ceci. D’extérieur il correspond à ce que les magasines de décoration montrent sauf qu’aucune « âme » ne s’en dégage. Les « bons » livres sur les étagères, le canapé de la saison. Dans un lieu de vie – j’allais écrire survie, lapsus – tel que celui-ci, l’esprit ne peut s’accrocher sur rien, tout est trop impersonnel. C’est ainsi que la sensation de vide saisit et le besoin de se remplir apparaît.

S’avachir devant la télé pendant que la machine à laver tourne, est-ce un signe de progrès ? Qu’avons-nous gagné en tant qu’être ?

Slow life : et nos jardins?

Eloge de la slow life: ce que le confort tue en nous un article de Magali Defleur

Il en va de même de nos jardins. Pour ceux d’entre nous qui ont un jardin ou même un balcon, qu’avons-nous choisi d’y placer ? Je remarque beaucoup de jardins avec des fausses pelouses et des piscines quoiqu’une piscine demande beaucoup d’entretien;) En nous coupant du jardin, de l’obligation d’enlever les mauvaises herbes, de la connaissances des plantes, nous nous sommes privés d’une source d’enseignement merveilleuse.

Si vous habitez en appartement côté cour, faites l’expérience de vous pencher vers les jardins des rez-de-chaussée de votre rue. L’âge de ses occupants est inversement proportionnel à l’espace bétonné. Un signe de « progrès »

Certes, nos ongles n’ont pas de terre (quoiqu’il existe des solutions naturelles comme le citron pour se nettoyer les mains!) et nos cheveux restent bien coiffés. Allons-nous rencontrer des amis ou faire du shopping pendant le temps qu’on aurait consacré à son jardin ? Qu’y gagnons-nous ?

 

Les bienfaits des tâches quotidiennes
Vive le ménage!

Et si le confort était un leurre ? Donnant la fausse impression d’être isolé et détaché de l’extérieur et ses contraintes. Est-ce même possible ? Ne faisons-nous pas tous partie de ce monde au même titre que les autres espèces ? N’avons-nous pas des poumons ? Des yeux ? Des cheveux à coiffer, des dents à brosser, des lacets à faire ? Et si toutes ces actions d’auto-gestion avaient un sens plus profond ? Celui de l’entretien de soi-même, à l’extérieur certes mais aussi à l’intérieur ?

  • Vive le ménage, éloge de la slow life un article de Magali Defleur

 

  • d’un point de vue intellectuel

Il est possible d’intégrer les activités inévitables à notre hygiène de vie en comprenant leur caractère symbolique.

Lorsque mon fils salit la cuisine que je viens de nettoyer, bien sûr que je ne suis pas contente en premier lieu. Ceci comme toutes les autres petites contrariétés de la vie est le symbole de l’éternel recommencement de chaque jour, chaque action. Les plus sages d’entre nous dépasseront leur monotonie pour en percevoir l’aspect sublime. C’est cela spiritualiser la matière.

  • du point de vue de la santé

J’ai connu et je connais beaucoup de personnes âgées qui ont recours aux service d’une aide ménagère et se font livrer les courses. Cela se trouve souvent chez les hommes dont l’épouse s’est occupé de tout et qui disparaît prématurément.

Cependant aller acheter son pain à la boulangerie du quartier, maintenir des interactions sociales, aller chez le coiffeurs, laver la vaisselle, sont autant d’activités qui entretiennent le corps.

Mon arrière grand-mère a parfaitement entretenu son jardin et sa maison jusqu’à son dernier jour après 90 ans. Est-ce parce qu’elle effectuait toutes ces tâches qu’elle était en bonne santé ? Certainement pas seulement. En revanche toutes les personnes âgées que je connais et qui ne les effectuent pas, eux, sont en mauvaise santé. En effet, ils passent ainsi beaucoup plus de temps devant la télévision assis immobiles à un âge où les articulations ont d’autant plus besoin de fonctionner.

  • du point de vue spirituel

Lorsque, seule dans ma cuisine, ma microfibre imprégnée de vinaigre blanc en main, je nettoie les poignées des portes des meubles puis les carreaux de la cuisine et tous les meubles puis les vitres, je nettoie aussi tous les problèmes ou contrariétés qui occupent mon esprit. Par la force du vinaigre blanc:) et l’énergie que je mets à frotter, je suis absorbée et trouve souvent des réponses à des questions que j’avais oubliées sans parler de la satisfaction d’avoir réaliser quelque chose et assainit mon intérieur à tous les niveaux.

Nettoyer nous plonge dans un état méditatif bienfaisant qui au bout d’un moment nous détache de la monotonie pour nous plonger en nous-même.

La récurrence d’arracher les mauvaises herbes de notre jardin nous rappelle la quantité de pensées limitantes nichées en nous.

La parole a beaucoup de vertus, le silence aussi. Parfois c’est dans le silence d’une tâche ingrate et répétitive que la lumière se fait.

A ce moment-là , si je ne ressasse pas mes problèmes mais au contraire tourne mon esprit et mon cœur tout entier vers des pensées élevées et le sens du divin en toute chose, je peux tout aussi bien trouver l’illumination.

 

Ce que le confort tue en nous

Eloge de la slow life: ce que le confort tue en nous un article de Magali Defleur

Le confort nous a donné du temps. Ce que nous faisons avec ce temps de libre nous définit en tant qu’humain à l’échelle individuelle et collective. Malheureusement la société de consommation a occupé le temps libre créé par le divertissement qui est devenu l’aboutissement de l’homme qui a réussi, tout comme le bronzage est le signe extérieur de vacances réussies.

Le divertissement ayant pris une place si prépondérante dans nos agendas, le véritable temps libre consacré à notre propre développement a chuté en proportion.

Une vie davantage tournée vers les activités inévitables du quotidien permet de rester ancré à la fois à la terre et à soi. Cela nous permet aussi d’élaguer ce qui ne nous correspond plus consciemment ou pas.

Personne ne peut aller aux toilettes à notre place.

Les tâches quotidiennes au même titre que le sport permettent d’évacuer nos tensions tout en nous ouvrant vers notre caractère divin. A la différence du sport, le fait de récurer les toilettes, frotter l’évier de la salle de bain ou balayer la cuisine nous apporte en plus un sentiment d’humilité inconscient, celui d’être un humain semblable aux autres

Vivre en conscience c’est seulement cela, se rendre compte que tout est maintenant dans chacun des gestes que cette vie implique.

Déléguer l’ensemble de ces tâches nous prive d’une occasion merveilleuse de travail personnel et partant d’élévation spirituelle.

§

Je m’appelle Magali Defleur

J’ai vécu mon réveil spirituel en 2012. Depuis la spiritualité a occupé tout mon coeur et la plus grande partie de mon temps. J’ai écrit deux livres sur ce thème, un roman sur le parcours spirituel d’une jeune femme qui vit un éveil spirituel et un essai sur l’état spirituel de notre société.

Je propose aujourd’hui des services de guidance spirituelle et continue à écrire.

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